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Mardi 27 mars 2007

Vendredi 23 mars 2007

Je suis arrivé à Paris tard dans la soirée du mercredi. Hier jeudi j’ai profité du temps libre pour retrouver mes places et espaces préférés. Comme aujourd’hui il a fait froid.

Je me suis jeté dans la ville tentaculaire dont je me languis les avenues, les odeurs si particulières lorsque en passant devant des bouches de métro on prend en pleine face des senteurs indescriptibles voguant entre chlorophyle, tabac, papier usé et que sais-je encore. J’ai pris le métro à la station Basilique de Saint Denis pour en sortir à Montparnasse Bienvenüe. J’ai déambulé depuis, de rues en avenues, d’avenues en boulevards, de boulevards en places jusqu’à la place justement du Chatelet où j’ai attendu mon ami Ma. qui est arrivé avec un retard, justifié comme à chaque fois… Nous avons longé l’avenue de Rivoli jusqu’à la place de la Concorde puis avons pris à droite l’avenue de l’Opéra puis encore quelques avenues et rues pour enfin atteindre Saint Lazare où nous attendait notre ami commun Ha. Palabres durant des heures. Je n’ai pas rêvé.

Il est 10 heures. Mes jambes sont lourdes et pour cause. Comme hier il fait froid donc, comme hier je m’installe devant un des nombreux PC d’un Cybercafé sis sur l’avenue Gabriel Péri où je loge. Il pleut dans le cœur de Saint-Denis comme il flotte sur Paris. 11 heures 45, Salon du Livre. Il n’y a pas encore la foule des week-ends et pour cause, nous ne sommes pas encore en fin de semaine. La première visite que je m’impose je l’effectue au stand Algérie. Après celui de la presse bien sûr. Là je m’y fais établir un badge et récupère un book-presse. Je devrais dire stands au pluriel pour l’Algérie car cette année et c’est tout à fait nouveau (par mésentente ou par choix ?) il y a plusieurs petits emplacements posés côte à côte sur deux angles d’ailes, L et H. Sont présentes les éditions Chihab, Enag, Enap, Casbah d’un côté,Tell, Média Plus, Alpha, Dar El Gharb, Apic etc. de l’autre. De nombreux ouvrages, essais et romans, livres d’Art et d’Histoire, sont posés sur les tables. Des éternels Kateb Yacine and C° aux écritures plus fraiches. Certains titres sont mis en avant ainsi « Pousse avec eux » de Hakim Laalam qui s’étale sur plus d’un mètre carré. Il n’y en a que pour lui, mais nous ne savons, on ne nous dit rien sur l’auteur ni l’écrit. Il y a « Je t’offrirai une gazelle » de Malek Haddad, « Le développement durable, un pari gagnant » de Chantal Bonnet, « Kan ya Makan… » de Zineb Labidi « Guide d’Algérie » de Marc Cotte, « L’arbiraire » de Bachir Hadj Ali, « Les exilés du matin » de Hakim Skif, « Le temps d’une halte » de Abdelaziz Ferrah, « Les écrivains Algériens » (‘bizarement’ j’y figure) de Achour Cheurfi, « La cuisine moderne algérienne » de Mokhtaria Rezki. Une cuisine donc. De nombreuses séances de dédicaces sont prévues. Aujourd’hui, Chantal Bonnet, Marc Cotte, Abdelaziz Ferrah, Zineb Labidi. Jouxtent les stands marocain, tunisien et haïtien.

Sur un autre stand d’éditions françaises, à peine visible, très discret, le chikh à son âge fait mine de lire un quotidien. J’ai nommé notre ami et respectable Salim Bachi. Il me remercie pour notre dernier entretien et me donne quelques explications sur ses « Douze contes de minuit ». Je les porterai sur mon blog (ses explications).

Samedi 24 mars 2007

12 heures, Ma. m’a invité chez un restaurateur à la tête et classe de turc. Nous avons commandé un délicieux plat, dont le nom s’est volatilisé aussitôt sortis. Direction le Salon. Algérie bis repetita. Nous sommes arrivés à l’heure pour la rencontre avec des auteurs nouveaux ou confirmés : Anouar Benmalek, Nadia Sebkhi, Djamel Mati, Fatiha Nesrine, Fayçal Ouaret. Nombreux étaient les spectateurs, intéressés ou curieux.

J’ai pris énormément de notes que malheureusement j’ai égarées. De mémoire : Les interventions furent intéressantes, notamment celles de la poétesse Sebkhi venue défendre son « Sous le voile de mon âme », un récit hors temps, hors espace et qui n’est pas autobiographique a-t-elle inutilement insisté. La chute légère de son intervention m’a fait sourire : « Tout va bien en Algérie, la preuve, il y a des défilés de mode ». Léger. Très. Autre intervention assez captivante, celle de Nesrine, venue pour « La baie aux anges ». Elle y a tenté a dit l’auteure d’y multiplier les sens, de libérer la parole ; Tous les genres y figurent, poésie, chansons… Ainsi que la précédente, Nesrine a tenu à préciser que « si le roman est écrit à la première personne, il n’est nullement autobiographique. » Cela ne me convainc pas. Fayçal Ouaret (Terre noire) à quant à lui, dérapé. Ses paroles ont bousculé sa pensée : « Pour moi la colonisation a été bénéfique, j’ai découvert Dinet et Pauline Roland ». Il a maladroitement tenté de rectifier à la suite de mon interpellation. Autre parole incompréhensible de ce même Ouaret, « On écrit toujours dans l’urgence ». Djamel Mati nous a expliqué que son roman dont je n’ai pas retenu le titre, « vogue entre réel et irréel ». Arrive enfin « Anouar Benmalek que je n’ai pas besoin de vous présenter » jubilait l’opportuniste modérateur Lazhari Labter (ex soutien - reconverti dans les affaires - du Conducator Ceausescu) qui omet que le propre des écrits est de durer !
Benmalek, habitué des plateaux, a gesticulé hardiment durant toute son intervention, a plaisanté et engagé une parade séductrice et bien huilée en direction du public attentif et courtois (mais sans plus). Benmalek n’a quasiment pas répondu à mes interrogations, ni les autres intervenants :

Lorsqu’on dit qu’il y a un contrat scellé entre l’écrivain et le lecteur cela signifierait que l’écrivain écrit pour autrui, ce que personnellement je ne pense pas. Autre question, celle de la « réalité » ; Se trouve-t-elle incarnée dans l’esthétique ou bien est-elle (banale) que nous renvoie le référent ? (Lire à ce propos ce qu’en disait Sarraute in « L’ère du soupçon »).


Ailleurs (Editions de L’Aube) Maïssa Bey a fait faux bon. Un peu plus loin c’était la cohue autour de Ramadan, flashs et bousculades polies.


A16 heures 30 nous avons quitté le Salon car on nous attendait à Pigalle. Oui je sais, Pigalle … Bien non, Ha., Mi., Ma. et moi sommes très comme il faut. Nous avons louvoyé puis nous avons attéri à l’hôtel. C’est Ha. qui a décidé d’arroser. La discussion (parfois débat) a enfourché des chemins banals, anodins, difficiles, politiques et la nostalgie aussi bien sûr. Il y a si longtemps que nous n’avons vu notre pédiatre Mi. arrivé du bled il y a quelques jours pour cause de congrès international et point pour notre Salon. A chacun ses vices et vertues.


Dimanche 25 mars 2007

Mi. m’attend sur les quais du métro, direction Chatillon. Je l’emmène découvrir le Salon. Stand Algérie. Dédicaces d’inconnus (Chaalal Omar). Mediène est prévu pour mardi (pour son « Issiakhem »). J’ai acheté son pavé sur Yacine mais je n’ai pas eu le temps de le lire. On tourne au grès du vent si tant est qu’il y en a . Il en faudrait. La chaleur est torride. A l’extérieur il fait bien froid. On tourne donc. Au niveau du stand H91 la cohue est indescriptible. Rien à voir avec celle qui a entouré Ramadan. Là c’est l’hystérie. Nous réussissons tout de même à voir le coq gaulois métissé, notre Bové national, fier et heureux d’ête ainsi sollicité. Il dédicace son dernier ouvrage « Un autre monde est possible ». Un peu plus loin chez Chaulet-Achour, le calme est saisissant. Elle me reconnaît « Stockholm ! » Elle va bien me dit Christiane, toujours à Pontoise. Elle me dédicace un livre de claire de Duras « Ourika » qu’elle a préfacé. Ce livre est paru pour la première fois en 1823. Duras fut une duchesse du 18° qui tenait salon. Elle était proche de Madame de Staël et de Chateaubriand. Mi. et moi ne nous attardons pas.

Il ne me faut pas abuser de la patience et de la politesse de mon ami Mi. Ha. nous a rejoint à Place Clichy. Un pot au Petit Poucet. Je rentre chez Me. Un bon tagine et une discussion familiale.

 

Lundi 26 mars 2007

J’ai dormi comme pas un loire, mais comme il faut. Jour de départ. Un saut au cyber d’en face. Je salut tout le monde. Me. est au travail. Mi. me devance sur Marseille à 15 heures. Mon Tgv est à 18 H 34.

par Ahmed HANIFI publié dans : leblogdeahmedhanifi
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