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Samedi 10 février 2007

J'ai récemment réalisé cet entretien avec SALIM BACHI

ENTRETIEN AVEC SALIM BACHI


Salim BACHI est né en 1971 dans l’Est algérien. Il a suivi des études de lettres en Algérie puis en France. Il écrit depuis le lycée. Son premier roman « Le chien d’Ulysse » publié en 2001 aux éditions Gallimard fut salué par une critique unanime. Chez le même éditeur il a publié en 2003 « La Kahéna », en 2006 « Tuez-les tous » . En 2005 il a publié une autofiction aux éditions du Rocher : « Autoportrait avec Grenade ».

Salim BACHI jongle avec les mots, avec notre impatience, il est un architecte « lyrique », un chef d’orchestre qui peut agacer par la précision de son spectacle tourbillonnant, parfois enivrant. Il nous invite à plonger au-delà des mots dans un univers romanesque où, tels des balises d’orientation immanquables, personnages du passé ou contemporains, voix uniques ou multiples, lieux éloignés ou proches, temps passé ou présent, s’entrecroisent et s’entremêlent pour structurer des histoires en apparence éclatées, en apparence seulement.

Salim BACHI vit en France depuis 1997. Il a reçu plusieurs prix littéraires. Reconnu comme un écrivain talentueux, l’auteur est peu connu dans son propre pays où il est malheureusement peu diffusé. Son prochain recueil paraîtra en février prochain nous a dit Salim BACHI dans l’entretien qu’il a bien voulu nous accorder.


Ahmed HANIFI : Alain Mabanckou a écrit que vous êtes « un électron libre dans l’espace littéraire d’expression française » (et non de la francophonie tient il à préciser).

Salim BACHI : J’aime beaucoup Alain Mabanckou. Et c’est sans doute ainsi qu’il me perçoit. Pour ma part, je ne saurais me définir dans l’espace « quantique » dont on sait bien qu’il n’a pas de règles et qu’il change selon l’observateur.

A.H: Vous ne dites pas comme Kateb Yacine que la langue française est un butin de guerre, mais un piège de caverne platonicienne, même si la caverne est « bourrée de lumière » ?

Salim BACHI : Oui, toute langue est un piège, puisqu’au final elle ne dit qu’elle-même. Elle n’est que le lointain reflet de la réalité. Il se peut que la langue française vienne redoubler ce constat que fait tout écrivain conscient de son pouvoir hypothétique sur le langage. Mais c’est sans doute de cette impossibilité à dire le réel que naît la poésie. Alors qu’importe le flacon pour peu qu’on ait l’ivresse.

A.H: Confirmez-vous que vous êtes un spécialiste des envolées lyriques absconses ?

Salim BACHI : Cela dépend pour qui. Pas pour moi, c’est certain. Mais c’est un reproche que l’on peut me faire, j’en suis conscient. Pourtant pour qui se donne la peine de lire mes métaphores, il peut y découvrir des sens nouveaux qui portent à la réflexion.

A.H: Dans tous vos écrits il y a un enchevêtrement continue des multiples dimensions du temps : passé-présent, de style : direct-indirect, de la double réalité : la fausse réalité, celle du quotidien – la vraie, celle de l’écriture, des lieux, des personnages.

Salim BACHI : Oui, c’est vrai. J’essaye d’écrire sur une réalité complexe et fluctuante, sans manichéisme. Il me faut pour cela mettre en place des stratégies différentes, multiples, aussi bien narratives que stylistiques. Même si je prévilégie une apparente univocité, le narrateur du Chien d’Ulysse par exemple est Hocine, d’autres voix viennent se mêler au roman, d’autres récits s’insèrent dans le courant principal porté par Hocine. De même pour La Kahéna j’ai choisi le récit de Hamid Kaïm, le journaliste, mais rapporté par une Narratrice anonyme, j’utilise à dessein la majuscule, qui en rapportant les dires de Kaïm colore de sa sensibilité les propos de ce dernier. Cette stratégie narrative me permettait de maintenir une zone floue ou obscure d’où pouvait naître le légendaire, le mythe, voire même le mensonge. La Kahéna, plus même que Le chien d’Ulysse, a été un travail sur l’Odyssée (traversée des enfers dans la forêt amazonienne, métamorphoses successives dans la villa kahéna, voyages amazoniens et européens…etc.). La Kahéna a aussi été un travail sur Les Mille et Une Nuits et plus particulièrement sur les contes et la littérature algérienne : Le grain magique, Le fils du pauvre, Le premier homme, Le sommeil du juste, La Grande maison et même Nedjma à la fin du roman. Pour répondre à la deuxième partie de votre question, oui mes personnages voyagent de livre en livre, du moins pour trois d’entre eux en prenant en compte Autoportrait avec Grenade qui n’est pas tout à fait un roman, même s’il joue avec cette ambigüité là. Tuez-les tous ne se rattache pas tout à fait au cycle de Cyrtha et à son exploration de l’Histoire algérienne.

A.H: Dans vos romans, notamment Tuez-les tous des phrases reviennent en boucle comme pour marquer le martèlement du temps qui passe et qui revient : extraits du Coran, des spectres, des lieux, un oiseau …

Salim BACHI : J’ai beaucoup travaillé sur le rythme dans Tuez-les tous, la scansion et le ressassement. Cela me semblait aller de soi puisque le personnage est pris dans le tourbillon d’une folie meurtrière qui ne lui laisse aucune échappatoire. Il est littéralement hanté par ses « références » coraniques, shakespeariennes, filmographiques plus sans doute que par les épisodes d’une vie banale et sans intérêt. L’oiseau est la métaphore même de Tuez-les tous, c’est le Simorgh de ‘Attar, l’oiseau divin qui part à la rencontre de Dieu et qui ne rencontre que sa propre image. C’est dans la bible aussi Caïn qui tue Abel et qui dans la tombe s’aperçoit que l’Œil le regarde. Et cet oiseau est aussi la métaphore du Boeing qui s’encastrera dans une des tours du World Trade Center, l’œuvre de l’homme qui se voulait Dieu.

A.H: Vous ‘‘louchez’’ entre le référent et les jeux de mots, le signifiant. Votre écriture sophistiquée s’inscrit en marge de la littérature algérienne la plus visible, plutôt militante et sans distanciation.

Salim BACHI : J’ai pensé en écrivant mon premier roman, Le Chien d’Ulysse, qu’il y avait une nécessité à dire l’Algérie et sa tragédie, pour autant j’ai toujours refusé l’expression d’une écriture de l’urgence pour s’absoudre de tout travail littéraire, de toute élaboration artistique. Je ne suis pas un écrivain de l’urgence, j’écris sur des états d’urgence, c’est différent.

A.H: Dans tous vos écrits traînent des drogues (Ventoline, opium).

Salim BACHI : La Ventoline n’est pas une drogue contrairement à l’opium. L’une permet de respirer mieux, l’autre permet d’échapper à la fatale attraction comme l’écrivait si bien Kateb Yacine. Dans mes livres, les drogues permettent d’ouvrir d’autres horizons ; elles permettent le surgissement de la féerie. Ceci dit, je n’en suis pas un consommateur et je ne pousse personne à en consommer. Je vous avouerai pourtant, comme je l’ai évoqué dans Autoportrait avec Grenade : elles m’ont été d’un grand secours dans un contexte particulier.

A.H: Les titres de vos livres semblent dissimuler d’autres titres, d’autres réalités.

Salim BACHI : Mes livres renvoient, pour certains, à d’autres réalités, ou je dirai plutôt, à d’autres livres. Hocine est le chien d’Ulysse, Argos aussi, l’un n’exclut pas l’autre. Et Hocine est Ulysse, reconnu par son chien Argos, mais méconnu par ses frères. La Kahéna c’est l’Algérie, une maison, une reine berbère, une histoire, une métamorphose, des histoires, des Algéries, la porcherie de Circée, la maison de Circée, un bordel dans Ulysse, une reine juive, une guerrière et une amante. Autoportrait avec Grenade, une ville, un fruit représentant la passion du Christ dans les tableaux de la Renaissance italienne et bien sûr l’arme qui éparpille les corps. Et bien sûr Joyce, oui, mais de loin et avec amour. Cette grenade dans votre main est-elle un fruit ou arme. La grenade explosera dans Tuez-les tous, les deux livres ayant été écrits en même temps. Alors, pile ou face ? à vous de décider ou de lancer la pièce sans espoir de retour.

A.H: Toute civilisation qui ignore la littérature (culture) est vouée à la disparition, lit-on dans Tuez-les tous. Est-ce le point de vue du narrateur ou celui de l’auteur, ce même Salim Bachi qui est sauvé du suicide par Garcia Llorca dans Autoportrait avec Grenade ?

Salim BACHI : C’est le point de vue du personnage. Il est certain qu’une civilisation se distingue aussi par ses réalisations artistiques. On connaît encore l’Egypte antique par ses Pyramides et par son écriture. Et l’Alhambra est le plus beau témoin du passé musulman de l’Andalousie. Pourquoi ne sommes-nous plus capables de telles réalisations ? Pourquoi notre architecture ne reflète pas notre culture, notre passé et aussi le présent du monde ? Notre ignorance est telle que nous ne sommes pas voués à la disparition, pire encore, nous n’existons même pas. Je suis dur, je le sais, mais il faut commencer à se regarder en face pour pouvoir avancer un jour. Nous avons besoin d’une Renaissance, nous avons besoin de nous ouvrir au monde, de réévaluer notre passé, de s’inspirer de ses plus hautes réalisations et de délaisser ses impasses. Assez de bêtise et d’apitoiement ! Assez de vains ressassements !

A.H: Dans Autoportrait avec Grenade Salim Bachi dit avoir une vision pessimiste du monde, mais vous, êtes-vous un écrivain pessimiste ?

Salim BACHI : Puisque nous sommes là, et nous ne l’avons pas choisi, autant faire quelque chose de sa vie. Appelez cela comme vous le souhaitez. Je dirai que c’est le début de la sagesse, d’autres penseront que c’est de l’hérésie. Si dans une hypothétique fiction on m’avait demandé mon avis, j’aurais répondu par la négative, je ne préfère pas, I prefer not de Bartelby [Herman Melville]. Mais on ne m’a rien demandé, alors je fais avec et du mieux possible en n’ignorant pas que cela ne sert à rien.

A.H: Serge Doubrovsky comme Philippe Lejeune n’ont pas inventé l’autofiction, ils l’ont nommée. Le premier dit lui-même avoir inventé le mot pas la chose ; la pratique existait déjà, il n’y a qu’à lire Enfance par exemple, de Nathalie Sarraute. L’autofiction a nourri des polémiques, elle est une synthèse (entre fiction et autobiographie), ce que dénonce Génette. Quel est votre point de vue ?

Salim BACHI : On écrit toujours sur soi, n’en déplaise à Genette. On peut le faire avec une certaine naïveté et cela donne L’inceste [Christine Angot] ou le faire avec un art consommé et cela donne Ulysse de James Joyce. Pour ma part, je ne pense pas qu’Autoportrait avec Grenade fasse partie de la seconde catégorie, mais il ne fait pas non plus partie de la première : c’est un livre personnel qu’aiment ceux qui m’aiment et me connaissent. Je l’ai écrit parce que j’avais besoin de l’écrire, et sans naïveté quant à mes motivations.

A.H: Le chien d’Ulysse est-il un éloge du voyage comme l’indiquent les deux termes du livre, un éloge du voyage ou bien celui de la fuite dès lors que l’espoir est assassiné par tous les Seyf ?

Salim BACHI : Dans Le chien d’Ulysse les voyages conduisent à des impasses. Ils sont soit fantasmés (Hamid Kaïm, Ali Khan) soit marqués par la mort, Hocine. Seul Mourad s’échappe. Mourad c’est moi, n’en déplaise toujours à Genette.

A.H: Vos livres sont écrits à la première personne sauf Tuez-les tous, de mon point de vue la narration à la première personne se justifiait autant sinon plus.

Salim BACHI : Le chien d’Ulysse a été écrit à la première personne, ensuite pour La Kahéna comme vous avez pu le remarquer, cela a été un peu plus différent. Pour Tuez-les tous, j’ai délibérément choisi d’écrire ce livre à la troisième personne parce qu’il me semblait que le narrateur devait demeurer l’oscillographe de la folie du personnage, la machine enregistreuse en quelque sorte ou alors le livre épousait la seule thèse de personnage, ce qui était contraire à mon principe d’ambiguïté et à mon principe éthique. C’était pour moi un pari que de rendre le monologue intérieur d’un personnage en utilisant la troisième personne du singulier. D’ailleurs vous ne vous y êtes pas trompé si vous posez la question du statut du narrateur.

A.H: Justement, quelques questions à propos de votre dernier roman Tuez-les tous. Les turbulences de la réalité qui environne le kamikaze, ses perturbations, pétage de plomb, soubresauts de conscience, tout cela se retrouve dans une construction littéraire architecturale et d’une précision d’horloger.

Salim BACHI : Le roman est un roman court, il n’y a donc pas de place à l’imprécision. C’est une tragédie où tout doit conduire au dénouement final. Le processus enclenché plus rien ne doit l’arrêter même si le personnage fait tout pour l’arrêter de son côté, mais à chaque fois le fatum le rappelle à l’ordre. D’ailleurs le référent du 11 septembre est un surcroît de déterminisme. Le fait divers (historique ?) comme moteur du tragique c’est l’essence même de la tragédie antique. Agamemnon rentre chez lui, sa femme l’assassine avec l’aide de son amant parce qu’il a sacrifié leur fille, Iphigénie, avant de partir en guerre. Oreste, son fils, doit le venger. Tout est déjà écrit dans un contexte domestique et pourtant historique ( la guerre de Troie). C’est fascinant, non ? Mon personnage est rejeté par sa femme et veut se venger de l’humanité dans un contexte historique le 11 septembre. Et les dieux, là-dedans, se baladent.

A.H: Comme Hamlet, le narrateur semble crier ‘‘The time is out of joint. O cursed spites’’ puis va tenter de mettre de l’ordre dans ce monde à la dérive, ce monde chaotique qui était dans une autre sphère, ‘‘ce temps sorti de ses gonds ne mesure alors plus rien’’ disait Deleuze. Il faut le remettre à sa place.

Salim BACHI : Oui, mais il n’y parviendra pas. Hamlet n’y parvient pas non plus. Il meurt à la fin de la tragédie. C’est la seule manière d’y échapper. Il entraîne avec lui son monde comme un convive qui s’écroulerait à la table du festin en emportant la nappe et les couverts dans sa chute.

A.H: Il y a comme une contradiction insoluble dans la position du narrateur qui, d’un côté considère qu’il n’est qu’un instrument (moucheron) d’un vaste dessein et de l’autre désire échapper à Dieu en commettant des actes répressibles (tentative de suicide et attentat contre l’humanité).

Salim BACHI : La contradiction vous faites bien de le relever est insoluble. Pour ma part, et chaque lecture est différente, le personnage est profondément religieux, il atteint même à l’état mystique. C’est pourquoi il se sait damné, sans rémission tout en faisant partie d’un dessein plus vaste que sa personne. Il n’épousera pas Dieu comme Hallaj mais le néant. Et c’est cette conscience même qui fait son tragique. Il est du côté du Diable dans toute théologie valable et sincère.

A.H: Dans Tuez-les tous il y a comme un dérèglement de la conscience du narrateur en dernière page lorsqu’il sombre dans le néant définitif.

Salim BACHI : Il ne demeure plus que la litanie des versets coraniques. Le personnage est déjà mort, oui, ce n’est plus qu’une machine sans âme.

A.H: Dans Tuez-les tous la compagne du narrateur a assassiné l’avenir du narrateur en sa présence est-ce l’acte originel qui a transformé Seyf, lequel sera poursuivi par son enfant-fœtus jusqu’à la fin ?

Salim BACHI : Dans une conscience fortement empreinte de religiosité cet acte peut avoir des conséquences néfastes. Mais il n’explique pas tout non plus. C’est tout un contexte de rejet, et ce dernier acte est vécu comme le rejet ultime. Vous savez, sans amour nous sommes des enfants perdus.

A.H: On a vu dans Tuez-les tous la narration d’un attentat en devenir, j’y vois des mots en fête, une poésie en devenir.

Salim BACHI : Une poésie folle, destructrice. Comme j’aimerais retrouver cette énergie qui m’a fait écrire Tuez-les tous. Merci pour le compliment.

A.H: Est-ce que vous vous êtes relevé des prix qui vous sont tombés dessus dès 2001 ?

Salim BACHI : La Kahéna en 2003, Autoportrait avec Grenade en 2005, Tuez-les tous en 2006, Les douze contes de minuit en 2007 (à paraître en février), Le roman de Rome en 2007 ou 2008. Pas mal pour quelqu’un qui a trébuché, non ? Ces prix m’ont permis de continuer à écrire, c’est l’essentiel, je crois.

A.H: Parlez-nous de votre prochain roman

Salim BACHI : C’est un recueil de nouvelles sur air de Cyrtha, Les douze contes de minuit.

AH : Sortirez-vous un jour de Cyrtha/Algérie ?

Salim BACHI : On n’échappe jamais à son premier amour.

A.H: Que pensez-vous de l’écriture effervescente de Boualem Sansal ? celle d’autres…

Salim BACHI : J’ai beaucoup aimé Le serment des barbares, je le lui ai dit et je l’ai dit souvent quand j’en ai eu l’occasion. Verre cassé d’Alain Mabanckou pour une littérature « africaine » qui sait rire d’elle-même. Le livre de Benamar Medienne, Kateb Yacine, le cœur entre les dents. Et maintenant ils peuvent venir d’Arezki Mellal. Formidable roman sur la décennie noire. Le châtiment des hypocrites de Leila Marouane pour la violence de son écriture. Et aussi French Dream de Mohamed Hmoudène.
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Par Ahmed HANIFI
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Dimanche 4 mars 2007
Au 37° lacis

Durant de nombreuses années mes grands parents et leurs enfants ont eu pour voisine une famille qu'ils appréciaient sans limite. Je la nommerai Révétsi. Une famille nombreuse. Les Révétsi à leur tour et sans le change, aimaient bien la compagnie des miens. Les plus jeunes de leurs enfants étaient mes amis les plus proches. D’aucuns disaient de cette famille qu'elle venait d'Italie de Malaisie ou de Tataouine. D’autres affirmaient qu’elle était des nôtres depuis la nuit des temps. Ma préférence juvénile s’arrimait à la jupe irisée de M..., la plus belle de mes connaissances. Elle était tout à la fois ma Mrs Dalloway, ma Nedjma, je veux dire mon étoile. Nous avons traversé ensemble notre enfance dans une atmosphère peu encline à la sérénité.

Elle était jolie ma Révétsi. Mon éducation sentimentale se nourrissait à son sourire naïf et à sa peau métissée. Ses étreintes maladroites enserraient mon regard dès lors qu'il s'alanguissait pesamment. Elle était polie, avenante et tout et tout, éclatante de mille feux, mille arcs-en-ciel, mille vérités. Ma Révétsi était un kaléidoscope. Cela me peinait de la voir affronter seule et dans le silence, les tourments qu’infligent les dogmes. Le contexte aliénait, aveuglait beaucoup de nos semblables - et je ne m'en exclus pas malgré des circonstances atténuantes que je peux évoquer, ma jeunesse d'alors – nos semblables dis-je à la recherche d'une issue monochrome quelle qu'elle fut, noire ou blanche ou jaune, au détriment parfois de leurs convictions ou de l'évidence élémentaire. Elle m'a fait aimer le Capitaine Fracasse ma Révétsi, Moby Dick ainsi que les nuances des pastels de Cézanne et Pissarro.

Plus tard, l'adolescence traversée, nous nous sommes séparés. J'avoue avoir été responsable de la rupture de la relation qui se tissait patiemment entre nous deux, tant bien que mal au gré des jours. Les lauriers de notre jardin commun furent coupés. Il demeure en moi le regret de n'avoir jamais su ou pu adopter alors son unique défaut : l'intransigeance. J'aurais gagné du temps. Il lui était intolérable que l'on évoquât en mal ou même égratignât, ses frères ses cousines ou ses parents, ses proches. Quelles que soient les critiques, elle les récusait avec une grâce toute personnelle qu'elle savait envelopper dans un argumentaire choc cousu de fil d’or. Avec ou sans subterfuges, nul ne parvenait à la cheville de ses démonstrations. A son âge, entre le rose et le rouge, entre le rouge et le noir elle fricotait avec les aventures de la dialectique sans même le moindre remord à l’ère du soupçon généralisé. Lorsque sa force sa pertinence et sa faconde me montaient au nez, souvent et souverainement ; je me consolais de n'être jamais seul à y être assujetti. J'étais toujours perdant, mais jamais seul dans la défaite, dans la chute. Tout cela me donnait forcément la nausée. Flairant la rupture elle se ravisait modérément, atténuait ses élans et même parfois se reculait puis lançait l'un de ses mots scapulaires étoffés comme "lis !" terme qu'elle ponctuait d'une exclamation qu'elle me plaquait aux oreilles, impérative qu'elle était, et qu'elle est encore j'en suis convaincu ; "lis !" disait-elle, ou bien lorsque nous tentions une intimidation en meute, "lisez !"

Un jour, au sortir de l'adolescence, alors que mes arguments me revinrent encore une fois à la figure comme un boomerang éclaté, fissuré ; mes combinaisons erratiques abandonnèrent lamentablement. Démuni, je renonçai définitivement à la partie, humilié tout de même. J'ai alors mis à profit la liberté que m'offraient mes nouvelles connaissances qui commençaient à s'échafauder au-delà des premiers cercles spatiaux. Lorsqu'elles se firent nombreuses et disparates elles m'incitèrent à larguer les amarres. Ma futile jalousie s'estompait. Jusqu’à la rupture.

Nous nous sommes séparés donc. Je suis devenu l’étranger. Mon unique soulagement fut que je n'étais pas seul dans la confrontation achevée, définitive alors. Je m'en suis remis à la comédie humaine, et aux âmes mortes. Le sac à dos et quelques monnaies de singe pour uniques compagnons de fortune, m'éloignèrent pour longtemps de ma Vérité puérile. Je me suis jeté corps et âme dans le bruit et la fureur du monde tel l'Ulysse de nos rêves mythiques ; de Samarkand au ventre de Paris en passant par et cetera...

Plus mes désirs d'éloignement de M... se prenaient en charge, plus je pénétrais l'univers des crimes et châtiments, plus le temps passait et plus une force intérieure inconnue, façonnait minutieusement ma conscience mon être et mon néant, irrémédiablement, tel un Rodin de Claudel otage de ses passions. Elle me dictait les mots d’une loi que peu à peu j'assimilais. Elle m'ordonnait de revenir à ma Révétsi de mon berceau, de ma source opaline. Cela dura des années et des années au terme desquelles j'ai entrepris de la retrouver. Alors j'ai cherché, cherché, car évidemment, elle aussi, naturellement, vivait sa vie. Cette recherche de ma Révétsi, cette recherche du temps perdu ne fut pas vaine. Le serment des barbares n'avait désormais plus prise sur mes convictions débarbouillées, armées des mots mâts de ma Révétsi, des mots totems et tabous, que j’ai embrassé.

Les eaux ont coulé jours et nuits sous tous les ponts Mirabeau et sous ceux de toutes les certitudes, de tous leurs messages et de tous leurs procès inhérents. Elles craquelèrent de toutes parts telles des remparts sablonneux. Le jour et les soupçons se sont définitivement levés alors que j’étais loin des miens, bien avant l'année dernière, à Marienbad.

Ma Révétsi m'accompagnait sans être physiquement à mes côtés. Elle me guidait, m'encourageait, m'ouvrait au nouveau monde retrouvé. Dans mes solitudes souvent noctambules, devant l'affront que lançaient à mon désarroi des lignes entières de romans, j'implorais son aide. Dans ma quête quotidienne je ne percevais pas de solution qui fasse l'impasse sur ma Révétsi.

Aujourd'hui à mon âge, j'avoue... Je dis qu'aujourd'hui à mon âge, j'avoue fièrement que les passions de mon âme pour M... sont plus fortes que jamais. Elle est ma conviction, ma force, ma vie. Elle est mon salut, mon arc-en-ciel, mes fruits d'or, ma vérité métissée. Elle est ma Révétsi. Elle est là dissimulée - comme un intrus, mais sans l'être - dans ce dédale de mots, tapie derrière le premier homme, entre le planétarium et le livre de sable... Elle s'y trouve, blottie, éclatante telle un kaléidoscope et patiente telle Grisélidis, la Révétsi. Je continue de l’y rechercher.


Ahmed Hanifi, octobre 2004
Par Ahmed HANIFI
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Mardi 27 mars 2007

Vendredi 23 mars 2007

Je suis arrivé à Paris tard dans la soirée du mercredi. Hier jeudi j’ai profité du temps libre pour retrouver mes places et espaces préférés. Comme aujourd’hui il a fait froid.

Je me suis jeté dans la ville tentaculaire dont je me languis les avenues, les odeurs si particulières lorsque en passant devant des bouches de métro on prend en pleine face des senteurs indescriptibles voguant entre chlorophyle, tabac, papier usé et que sais-je encore. J’ai pris le métro à la station Basilique de Saint Denis pour en sortir à Montparnasse Bienvenüe. J’ai déambulé depuis, de rues en avenues, d’avenues en boulevards, de boulevards en places jusqu’à la place justement du Chatelet où j’ai attendu mon ami Ma. qui est arrivé avec un retard, justifié comme à chaque fois… Nous avons longé l’avenue de Rivoli jusqu’à la place de la Concorde puis avons pris à droite l’avenue de l’Opéra puis encore quelques avenues et rues pour enfin atteindre Saint Lazare où nous attendait notre ami commun Ha. Palabres durant des heures. Je n’ai pas rêvé.

Il est 10 heures. Mes jambes sont lourdes et pour cause. Comme hier il fait froid donc, comme hier je m’installe devant un des nombreux PC d’un Cybercafé sis sur l’avenue Gabriel Péri où je loge. Il pleut dans le cœur de Saint-Denis comme il flotte sur Paris. 11 heures 45, Salon du Livre. Il n’y a pas encore la foule des week-ends et pour cause, nous ne sommes pas encore en fin de semaine. La première visite que je m’impose je l’effectue au stand Algérie. Après celui de la presse bien sûr. Là je m’y fais établir un badge et récupère un book-presse. Je devrais dire stands au pluriel pour l’Algérie car cette année et c’est tout à fait nouveau (par mésentente ou par choix ?) il y a plusieurs petits emplacements posés côte à côte sur deux angles d’ailes, L et H. Sont présentes les éditions Chihab, Enag, Enap, Casbah d’un côté,Tell, Média Plus, Alpha, Dar El Gharb, Apic etc. de l’autre. De nombreux ouvrages, essais et romans, livres d’Art et d’Histoire, sont posés sur les tables. Des éternels Kateb Yacine and C° aux écritures plus fraiches. Certains titres sont mis en avant ainsi « Pousse avec eux » de Hakim Laalam qui s’étale sur plus d’un mètre carré. Il n’y en a que pour lui, mais nous ne savons, on ne nous dit rien sur l’auteur ni l’écrit. Il y a « Je t’offrirai une gazelle » de Malek Haddad, « Le développement durable, un pari gagnant » de Chantal Bonnet, « Kan ya Makan… » de Zineb Labidi « Guide d’Algérie » de Marc Cotte, « L’arbiraire » de Bachir Hadj Ali, « Les exilés du matin » de Hakim Skif, « Le temps d’une halte » de Abdelaziz Ferrah, « Les écrivains Algériens » (‘bizarement’ j’y figure) de Achour Cheurfi, « La cuisine moderne algérienne » de Mokhtaria Rezki. Une cuisine donc. De nombreuses séances de dédicaces sont prévues. Aujourd’hui, Chantal Bonnet, Marc Cotte, Abdelaziz Ferrah, Zineb Labidi. Jouxtent les stands marocain, tunisien et haïtien.

Sur un autre stand d’éditions françaises, à peine visible, très discret, le chikh à son âge fait mine de lire un quotidien. J’ai nommé notre ami et respectable Salim Bachi. Il me remercie pour notre dernier entretien et me donne quelques explications sur ses « Douze contes de minuit ». Je les porterai sur mon blog (ses explications).

Samedi 24 mars 2007

12 heures, Ma. m’a invité chez un restaurateur à la tête et classe de turc. Nous avons commandé un délicieux plat, dont le nom s’est volatilisé aussitôt sortis. Direction le Salon. Algérie bis repetita. Nous sommes arrivés à l’heure pour la rencontre avec des auteurs nouveaux ou confirmés : Anouar Benmalek, Nadia Sebkhi, Djamel Mati, Fatiha Nesrine, Fayçal Ouaret. Nombreux étaient les spectateurs, intéressés ou curieux.

J’ai pris énormément de notes que malheureusement j’ai égarées. De mémoire : Les interventions furent intéressantes, notamment celles de la poétesse Sebkhi venue défendre son « Sous le voile de mon âme », un récit hors temps, hors espace et qui n’est pas autobiographique a-t-elle inutilement insisté. La chute légère de son intervention m’a fait sourire : « Tout va bien en Algérie, la preuve, il y a des défilés de mode ». Léger. Très. Autre intervention assez captivante, celle de Nesrine, venue pour « La baie aux anges ». Elle y a tenté a dit l’auteure d’y multiplier les sens, de libérer la parole ; Tous les genres y figurent, poésie, chansons… Ainsi que la précédente, Nesrine a tenu à préciser que « si le roman est écrit à la première personne, il n’est nullement autobiographique. » Cela ne me convainc pas. Fayçal Ouaret (Terre noire) à quant à lui, dérapé. Ses paroles ont bousculé sa pensée : « Pour moi la colonisation a été bénéfique, j’ai découvert Dinet et Pauline Roland ». Il a maladroitement tenté de rectifier à la suite de mon interpellation. Autre parole incompréhensible de ce même Ouaret, « On écrit toujours dans l’urgence ». Djamel Mati nous a expliqué que son roman dont je n’ai pas retenu le titre, « vogue entre réel et irréel ». Arrive enfin « Anouar Benmalek que je n’ai pas besoin de vous présenter » jubilait l’opportuniste modérateur Lazhari Labter (ex soutien - reconverti dans les affaires - du Conducator Ceausescu) qui omet que le propre des écrits est de durer !
Benmalek, habitué des plateaux, a gesticulé hardiment durant toute son intervention, a plaisanté et engagé une parade séductrice et bien huilée en direction du public attentif et courtois (mais sans plus). Benmalek n’a quasiment pas répondu à mes interrogations, ni les autres intervenants :

Lorsqu’on dit qu’il y a un contrat scellé entre l’écrivain et le lecteur cela signifierait que l’écrivain écrit pour autrui, ce que personnellement je ne pense pas. Autre question, celle de la « réalité » ; Se trouve-t-elle incarnée dans l’esthétique ou bien est-elle (banale) que nous renvoie le référent ? (Lire à ce propos ce qu’en disait Sarraute in « L’ère du soupçon »).


Ailleurs (Editions de L’Aube) Maïssa Bey a fait faux bon. Un peu plus loin c’était la cohue autour de Ramadan, flashs et bousculades polies.


A16 heures 30 nous avons quitté le Salon car on nous attendait à Pigalle. Oui je sais, Pigalle … Bien non, Ha., Mi., Ma. et moi sommes très comme il faut. Nous avons louvoyé puis nous avons attéri à l’hôtel. C’est Ha. qui a décidé d’arroser. La discussion (parfois débat) a enfourché des chemins banals, anodins, difficiles, politiques et la nostalgie aussi bien sûr. Il y a si longtemps que nous n’avons vu notre pédiatre Mi. arrivé du bled il y a quelques jours pour cause de congrès international et point pour notre Salon. A chacun ses vices et vertues.


Dimanche 25 mars 2007

Mi. m’attend sur les quais du métro, direction Chatillon. Je l’emmène découvrir le Salon. Stand Algérie. Dédicaces d’inconnus (Chaalal Omar). Mediène est prévu pour mardi (pour son « Issiakhem »). J’ai acheté son pavé sur Yacine mais je n’ai pas eu le temps de le lire. On tourne au grès du vent si tant est qu’il y en a . Il en faudrait. La chaleur est torride. A l’extérieur il fait bien froid. On tourne donc. Au niveau du stand H91 la cohue est indescriptible. Rien à voir avec celle qui a entouré Ramadan. Là c’est l’hystérie. Nous réussissons tout de même à voir le coq gaulois métissé, notre Bové national, fier et heureux d’ête ainsi sollicité. Il dédicace son dernier ouvrage « Un autre monde est possible ». Un peu plus loin chez Chaulet-Achour, le calme est saisissant. Elle me reconnaît « Stockholm ! » Elle va bien me dit Christiane, toujours à Pontoise. Elle me dédicace un livre de claire de Duras « Ourika » qu’elle a préfacé. Ce livre est paru pour la première fois en 1823. Duras fut une duchesse du 18° qui tenait salon. Elle était proche de Madame de Staël et de Chateaubriand. Mi. et moi ne nous attardons pas.

Il ne me faut pas abuser de la patience et de la politesse de mon ami Mi. Ha. nous a rejoint à Place Clichy. Un pot au Petit Poucet. Je rentre chez Me. Un bon tagine et une discussion familiale.

 

Lundi 26 mars 2007

J’ai dormi comme pas un loire, mais comme il faut. Jour de départ. Un saut au cyber d’en face. Je salut tout le monde. Me. est au travail. Mi. me devance sur Marseille à 15 heures. Mon Tgv est à 18 H 34.

Par Ahmed HANIFI
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Mercredi 18 avril 2007

Le dernier livre de Salim BACHI Les douze contes de minuit (Gallimard) se présente sous la forme d’un recueil de nouvelles (12 donc) de différentes longueurs allant de quatre à vingt-deux pages. Parfois une nouvelle répond comme en écho à une autre ainsi Le bourreau de Cyrtha répond-il à Enfers, Insectes à Le vent brûle

On retrouve une écriture fluide, spiralée qui fait une place non négligeable au monologue intérieur parfois démultiplié ou s’entrecroisant comme dans Histoire d’un mort. Salim BACHI nous dit à propos de ce récit « J'ai pensé écrire un roman sur le modèle de Tandis que j'agonise (W. Faulkner). Au final, je me suis retrouvé avec cette nouvelle. » Une symphonie à plusieurs voix comme dans la tragédie Compson dans « Le bruit et la fureur » du même Faulkner. Sami BACHI amalgame avec bonheur jeux de mots, interruptions syntaxiques, avec des phrases s’interrompant à mi-parcours, ou autrement des phrases sans fin ou un texte de plusieurs pages délesté de toute ponctuation comme une mer sans fin (Le naufrage). Une écriture qui « s’attaque aux formes périmées du dialogue, aux alinéas, aux tirets… » pour reprendre les mots de Gaëtan Brulotte.

Les nouvelles sont des récits allégoriques sur l’Algérie des années 1990, d’ailleurs ce passé ne cesse de cogner tout au long des douze coups ou contes. Un pays où des hommes qui luttent contre toute forme d’oppression, qu’elle émane de l’Homme, des islamistes qui ont « perdu la religion de (leur) mère » de Big Brother, du pouvoir militaire ou d’une Instance-béquille ; des hommes qui ne demandent qu’à survivre (Le naufrage, Le messager, Le cousin)

Extraits de Le naufrage :

« cette garce avec son mioche ses yeux bleus comme la mer affreuse qui délivra ces cadavres car ce sont des pieuvres et je les hais comme je hais ce foutu enfant de putain qui pour m’avoir tendu la main croit exercer son pouvoir sur moi je n’ai pas à prendre ce sceau ni à écoper puisque je ne suis pas son esclave l’esclave de personne d’ailleurs qu’il le fasse lui l’homme civilisé avec ses boniments sa morale moi je veux qu’il crève sous mes yeux »

de Nuée ardente :

« Quand le mal fut venu, le Colonel se trouva fort dépourvu ; il ne se sentait pas l’âme d’une fourmi, lui qui régnait sur ses sujets comme Belzébuth sur ses mouches. C’était une lèpre qui s’attaqua d’abord à sa chair avant de s’en prendre à son âme. A chaque once de peau qu’il perdait, il rendait grâce pour les forfaits commis durant sa brève mais terrible existence. »

De cette nouvelle Salim BACHI dit qu’elle est « une de mes premières nouvelles, écrite au début des années 90 sur le modèle de l’Automne du patriarche et des Funérailles de la grande mémé, (1962) de Garcia Marquez. » qui préfigure l’extraordinaire Cent ans de solitude.

Mais Les douze contes de minuit, où l’on retrouve des personnages de « l’immémoriale Cyrtha », d’Ulysse, de La Kahéna, de Tuez-les tous ; Hchicha Hamid Kaïm, la tribu des Béni Djer…, ces douze contes de minuit ont-ils sonné pour Cyrtha comme l’indique la quatrième de couverture ? Salim BACHI est resté silencieux sur cette question. Pour le moment.

Par Ahmed HANIFI
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Dimanche 27 mai 2007
ZOU!
Par Ahmed HANIFI
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